Borne de recharge de véhicule électrique : comment ça marche ?
IRVE signifie « Infrastructure de Recharge pour Véhicules Électriques ». Concrètement, c’est l’ensemble des équipements qui permettent de recharger un véhicule sur un site privé ou public. Définition, périmètre, normes et bonnes pratiques : voici l’essentiel pour comprendre et choisir une IRVE adaptée à vos besoins.
IRVE : définition (et la nuance avec « borne »)
L’IRVE désigne l’ensemble des systèmes dédiés à la recharge (alimentation, protections, câblage, points de recharge, logiciels). Dans le langage courant, on parle de « borne », mais en réalité la borne en tant que telle n’est qu’un composant de l’infrastructure. L’association Avere-France, dédiée au développement de la mobilité électrique, résume ainsi l’IRVE : « l’ensemble des systèmes permettant de recharger les batteries des voitures électriques ».
Le Code de l’énergie, lui, définit précisément le « point de recharge » comme l’interface associée à une place de stationnement qui permet de recharger un seul véhicule à la fois (ou d’échanger une batterie). Une IRVE peut donc regrouper un ou plusieurs points de recharge. Retenir cette distinction évite bien des ambiguïtés dans les projets.
Ce que comprend une IRVE concrètement
Sur un parking d’entreprise, d’immeuble ou de collectivité, une IRVE regroupe : l’alimentation électrique (et son raccordement), l’ensemble des protections (disjoncteurs, différentiels), le cheminement de câbles, une ou plusieurs bornes (AC ou DC), le pilotage de la recharge et, de plus en plus, la supervision (suivi, accès, paiement, reporting).
Depuis 2017, le décret en vigueur (actualisé en 2021) précise que les infrastructures de recharge doivent permettre de piloter la recharge (« smart charging »). C’est un point clé pour lisser la consommation, limiter les pics et optimiser la puissance disponible sur le site.
Normes, standards et connectique d’une IRVE
Une Infrastructure de Recharge pour Véhicules Électriques (IRVE) se conçoit et s’installe en respectant les normes applicables (notamment, la NF C 15-100 pour toute installation en basse tension) et les standards de charge (IEC 61851 pour les systèmes de recharge, et IEC 62196 pour les connecteurs). Les organismes de formation et les guides ministériels y renvoient systématiquement lors des études et dimensionnements.
Côté prises, Type 2 en courant alternatif et CCS Combo 2 en courant continu sont les standards dominants en Europe, dans la continuité du règlement européen AFIR. Cela garantit l’interopérabilité entre véhicules et stations à l’échelle du marché européen.
Au niveau de l’UE, ce règlement AFIR fixe aussi des exigences de capacité minimale et d’espacement des stations sur les grands axes, afin d’assurer une recharge accessible et performante (y compris en haute puissance). Pour les décideurs publics comme privés, cela fixe une trajectoire claire de montée en puissance du réseau.
IRVE privées, ouvertes au public : quelle différence ?
Une IRVE privée et fermée (comme celle d’une flotte d’entreprise, ou d’une copropriété) n’a pas les mêmes contraintes qu’une IRVE ouverte au public (que ce soit en matière d’accès, de paiement à l’acte, ou d’interopérabilité). La réglementation française encadre par décret ces modalités pour simplifier l’usage des conducteurs, abonnés ou non à un opérateur de mobilité. Bien qualifier le statut d’accès fait partie du cadrage de départ d’un projet.
Au-delà du matériel, la supervision est aujourd’hui le véritable différenciateur pour tout IRVE : elle permet de surveiller l’état des points de charge, de piloter la puissance (horaires, délestage, priorisation), de contrôler les accès (badges, QR codes), d’afficher les tarifs, de facturer à l’acte ou à l’usage, et d’éditer des rapports. Pour un gestionnaire de flotte ou un site multi-usage, c’est la condition d’une exploitation fiable, lisible et rentable.
Les bonnes pratiques pour un projet IRVE réussi
- Commencez par cartographier les usages (salariés, visiteurs, véhicules utilitaires), les puissances nécessaires et les contraintes de votre site (en raccordement, en tableaux, en distances).
- Vérifiez le pré-équipement du bâtiment (gaines, réservations, trames de câblage) lorsque c’est possible : cela réduit fortement les coûts de déploiement et d’évolution.
- Faites réaliser une étude de dimensionnement prenant en compte les normes et le pilotage (gestion de la puissance disponible, horaires de charge, scénarios de délestage).
- Choisissez des bornes compatibles avec les standards européens dominants, et un logiciel de supervision capable de s’interfacer avec vos outils métiers internes (gestion de flotte, comptabilité pour la facture, logiciel de gestion des badges).
- Côté installation, choisissez un prestataire qualifié IRVE : au-delà de son obligation de respecter la réglementation, son expertise dans le domaine va accélérer la mise en service, sécuriser l’exploitation et faciliter les extensions futures (ajout de points, passage à la charge rapide, évolutions logicielles).
À savoir : dans la pratique, recourir à des installateurs qualifiés IRVE est obligatoire, pour la plupart des infrastructures, et a fortiori pour une entreprise ou une collectivité. La loi ne prévoit une exception que pour les petites puissances, inférieures à 3,7 kW, et qui sont installées dans un bâtiment d’habitation privé ou sa dépendance.
Besoin d’y voir clair pour votre infrastructure IRVE sur votre parking ou votre flotte ? Parlez à nos experts : audit de site, dimensionnement, choix des bornes et supervision. Repartez avec un plan d’action clair, chiffré et conforme !